Y a-t-il une réponse française au problème « AfPak » ?

La frontière afghano-pakistanaise, source de guerre, clé de la paix, Le Monde Diplomatique, octobre 2010 – © Cécile Marin
La frontière afghano-pakistanaise, source de guerre, clé de la paix, Le Monde Diplomatique, octobre 2010 – © Cécile Marin

Le 23 mai dernier a sonné, en apparence, comme une victoire pour Kaboul et Washington : le Mollah Akhtar Mansour, leader des talibans, successeur de l’historique Mollah Omar, était assassiné par un drone américain au Baloutchistan pakistanais, une première. Mais trois jours plus tôt, l’OTAN, par l’intermédiaire de son secrétaire général Jens Stoltenberg, annonçait la prolongation de l’opération « Resolute Support » (qui a succédé à l’opération armée issue du 11 septembre 2001) au-delà de l’année 2016, comme une preuve supplémentaire de la complexité du problème « AfPak », même après le retrait d’une majeure partie des troupes occidentales. Cette expression apparaît en 2008 dans le vocabulaire de l’administration Obama et du journalisme américain pour signifier la présence d’un théâtre de guerre, des deux côtés d’une même frontière mal définie, autour de la brûlante ligne Mortimer-Durand.

Comment décrypter la violence qui règne sur cette région ? Pourquoi les zones pachtounes servent-elles systématiquement de terreau aux insurrections ? Comment les groupes terroristes s’articulent-ils entre eux ? Par ailleurs, quelles ont été les erreurs stratégiques des parties prenantes dans ce conflit ? Quels scénarios peut-on envisager aujourd’hui pour en sortir, avec quels risques et à quelles conditions ?

Le dernier soldat français est sorti d’Afghanistan en décembre 2014. Pourtant, la France a plus que jamais son rôle à jouer dans la compréhension de ces enjeux, dans la réflexion diplomatique et donc dans la conception d’une voie de résolution de la question « AfPak ».

  1. Un peu d’histoire…
    • Le Pakistan, agrégat de réalités complexes
    • L’Afghanistan, poudrière au pouvoir morcelé
  2. Les Pachtounes, une identité malmenée qui sert de terreau à la radicalité
    • Les Pachtounes, ethnie complexe au ressentiment exploité
    • La grille de lecture discutable de la coalition occidentale
    • Le jeu d’équilibriste du Pakistan
  3.  Les scénarios potentiels de sortie de crise laissent-ils à la France un rôle à jouer?
    • Un chemin qui ne peut être que politique
    • La nécessaire reconnaissance d’un paradigme « Afpak » et de la question pachtoune
    • Ashraf Ghani, un héritage délicat, mais une volonté́ de compromis
    • La France, maillon stratégique ?

Un contexte délétère qui rend impossible une solution française…

Il n’y a visiblement pas de réponse française au problème « Afpak ». En revanche, il existe très probablement une réponse « à la Française ». La diplomatie française a d’ailleurs fait preuve de leadership et d’une capacité certaine à apporter une solution concrète à un sujet géopolitique très complexe dans le cas de l’Iran et des accords de Lausanne. Cette réponse ne peut exister que si notre diplomatie s’engage résolument à convaincre les protagonistes (Américains, Chinois, Indiens, Pakistanais, Afghans) d’une nécessité de compromis qui prenne enfin en compte les réalités ethniques et l’enjeu de sécurisation de la région pour son développement économique, à condition notamment que celui-ci n’exclue pas les populations locales de la répartition des richesses, comme cela a malheureusement été le cas avec le Baloutchistan au Pakistan.

Alexandre Bianco

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